Incidence élevée des infections du site opératoire après césarienne dans les hôpitaux de référence camerounais : une étude de cohorte prospective
DOI :
https://doi.org/10.64294/jsd.v3i3.138Mots-clés :
Infection du site opératoire, césarienne, santé maternelle, cameroun, infection nosocomiale, facteurs de risqueRésumé
Introduction : La césarienne, en tant qu’intervention chirurgicale, expose les patientes au risque spécifique d’infection du site opératoire (ISO), une cause majeure de morbidité maternelle postpartum. Cette étude visait à estimer l’incidence des ISO post-césarienne et à en identifier les facteurs de risque dans deux hôpitaux de référence à Douala, Cameroun.
Méthodes : Entre février et juillet 2022, 444 femmes ayant accouché par césarienne à l’Hôpital Laquintinie et à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Douala ont été incluses dans une cohorte prospective. Les données cliniques, obstétricales et périopératoires ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire standardisé. Les cas d’ISO (n = 45) ont été suivis. Une régression logistique multivariée a permis d’identifier les facteurs associés aux ISO (p < 0,05).
Résultats : L’incidence globale des ISO était de 10,13 %, plus élevée à l’Hôpital Laquintinie (11,11 %) qu’à l’Hôpital Gynéco-Obstétrique (6,45 %). Les facteurs de risque indépendants identifiés comprenaient l’obésité (ORa = 5,9 ; p = 0,032), l’anémie préopératoire (ORa = 4,7 ; p = 0,030) et le diabète (ORa = 15,7 ; p = 0,013). La transfusion sanguine périopératoire était associée à une réduction significative du risque (ORa = 0,05 ; p = 0,013).
Conclusion : Les ISO post-césarienne sont fréquentes dans les hôpitaux de référence de Douala. La prise en charge des comorbidités métaboliques (obésité, diabète) et hématologiques (anémie), ainsi que l’optimisation des soins périopératoires, pourraient réduire ce fardeau.
